Ce qu’Amma dit au monde

Énergétiquement vôtre

Enseignements d’une sage d’aujourd’hui.

Devenir le maître de sa propre vie.

La voie qu’Amma prêche inlassablement est celle de l’Amour, seul but véritable de toute démarche spirituelle. Pour montrer le chemin, elle a recours à l’enseignement oral.

À travers des échanges informels avec ses disciples, Amma livre son regard sur la vie. Dans une langue accessible à tous, elle répond aux questions sur la souffrance, les conditionnements, la vie de couple, l’éducation, la mort ou encore notre lien à la nature. Pour partir à la découverte de notre être profond et de notre liberté.

Voici pour vous quelques-uns de ses enseignements que j’ai pris tout au long du livre et à différents chapitres :

Amma, malgré notre désir sincère de nous transformer, nous ne nous impliquons pas de tout notre être dans la quête spirituelle. À quoi cela est-il dû ?

Il y a un proverbe malayalam qui dit : « Tu veux attraper une chose placée au-dessus de toi, mais tu ne veux pas lâcher ce qui se trouve sous ton aisselle. » Cet objet sous ton aisselle représente les plaisirs du monde. Tu les tiens serrés contre toi. Si tu veux obtenir quelque chose sur un plan plus élevé, tout ce que tu dois faire est de relâcher un peu ton bras et l’objet se détachera de toi. Mais tu veux les deux ; tu veux garder les plaisir du monde et avoir la béatitude spirituelle. C’est impossible. Lève tes mains et tes bras complètement. L’objet sous ton aisselle tombera et tu pourras atteindre ce qui est en haut.

Où avons-nous perdu, ou caché, notre innocence ?

L’innocence est en vous, profondément enfouie. Il faut la redécouvrir, et pour cela vous plonger dans des pratiques spirituelles. En allant au plus profond de votre propre conscience, vous finirez par la retrouver. L’innocence, la joie et l’émerveillement cachés jailliront et vous saurez qu’ils ont toujours existé. Vous les aviez simplement oubliés pour un temps. C’est comme un souvenir perdu qui remonte tout à coup. Cette innocence enfantine tapie au tréfonds de vous est Dieu…

Il faut beaucoup d’humilité pour s’en remettre ainsi entre les mains de Dieu : reconnaître que l’on ne sait rien, que l’on ne peut rien, être agit plutôt qu’agir. Je m’intéresse depuis longtemps à la spiritualité et j’ai tout de même l’impression d’avoir plus d’emprise sur mon destin par le savoir que j’ai acquis dans ce domaine.

Il est bon de toujours rester conscient de son ignorance, mon fils, afin de conserver l’attitude du débutant. Un novice est toujours ignorant, et il le sait. Il écoute donc avec attention. Il est ouvert et réceptif. Une fois que vous croyez savoir, vous n’écoutez plus, vous ne faites que parler. Votre mental et votre intellect sont plein. Vous n’êtes plus un débutant, mais un savant. Toutefois un savant est en réalité plus ignorant que quiconque, car il est complètement fermé. Il a perdu la faculté d’être ouvert et réceptif. Il est peut être savant, mais en vérité il ne sait rien. La Connaissance réelle n’est pas l’accumulation de connaissance. Connaître exige l’ouverture, l’innocence du débutant. Le novice est capable de se prosterner en toute humilité et c’est pourquoi la véritable Connaissance se déverse en lui. Mais une personne savante, pleine d’information, tend à se montrer égocentrique. Elle est donc incapable de se prosterner, d’être humble. La connaissance ne peut pénétrer en elle car, faute de place, elle déborde et rejaillit à l’extérieur.

Il était une fois un sage qui vivait au plus profond de la forêt. Un érudit vint lui rendre visite. Le savant était très pressé et il dit au sage : « vénérable sage pouvez-vous ma parler de la méditation ? » Celui-ci dit : « Pourquoi êtes-vous si pressé ? Asseyez-vous, détendez-vous et prenez une tasse de thé. Nous discuterons ensuite, nous avons le temps. » Mais l’érudit était très agité et impatient. Il répondit : « Pourquoi pas maintenant ? Dites-moi quelque chose au sujet de la méditation ! » Le sage insista néanmoins pour que l’érudit s’asseye, se détende et prenne une tasse de thé avant d’aborder le sujet. Le visiteur dut céder et finit par s’asseoir. il lui fut toutefois impossible de se détendre, car ce n’est pas dans la nature d’un savant. Intérieurement, il parlait sans arrêt. Le sage prit son temps. Il prépara le thé et revint auprès de l’érudit, qui l’attendait avec impatience. Il lui tendit une tasse et une soucoupe, puis se mit à verser le thé. La tasse se remplit, déborda, mais il ne cessa pas de verser. Le savant cria : « Que faites-vous ? La tasse est pleine ! Arrêtez ! » Mais le sage continua. Le thé déborda dans la soucoupe et de la soucoupe, se mit à couler sur le sol. L’érudit cria de toute ses forces : « Hé ! Êtes-vous aveugle ! Ne voyez-vous pas que la tasse est pleine et ne peut contenir une goutte de plus ? »

Le sage sourit et cessa de verser. « C’est juste, dit-il , la tasse est pleine et ne peut contenir une goutte de plus. Tu sais donc qu’une tasse pleine ne peut recevoir davantage. Comment pourrais-tu alors, toi qui es plein à ras bord d’information, m’écouter lorsque je parle de méditation ? C’est impossible. Vide d’abord ton mental et ensuite, je te parlerai. La méditation est une expérience que l’on ne peut expliquer verbalement. On n’y accède qu’en se libérant du mental et des pensées. »

Les savant et les intellectuels ne savent que parler. Ils sont incapables d’écouter , car cela exige d’être vide à l’intérieur. Seul celui qui cultive l’attitude « Je suis un novice, je suis ignorant » peut écouter avec foi et amour…

Nous avons ce proverbe : « on récolte ce que l’on sème ». Est-ce que cela correspond à la théorie du karma, la loi de cause à effet, de la tradition indienne ? Cette notion est parfois difficile à comprendre, peux-tu nous éclairer ?

Tu dois te rappeler que la théorie du karma est un mystère difficile à percer. Des explications sans fin n’y changerons rien, le karma restera un mystère, cette théorie n’a rien à voir avec une analyse intellectuelle et ne peut être prouvée en laboratoire à l’aide d’instruments scientifiques.

Il n’est pas essentiel d’analyser la loi du karma. L’essentiel est plutôt d’en sortir, de transcender le cycle du karma.

Tu peux bien écouter pendant plusieurs jours d’affilée des discours à son sujet, tu resteras toujours ignorant. Le fait de parler ou d’écouter des discours intellectuellement convaincants ressemble à une drogue. Tu peux devenir dépendant ; cela peut devenir une habitude, puis un besoin. Sois prudent.

Une autre difficulté surgit si l’on veut tenter d’expliquer correctement la loi du karma. Les actions, bonnes ou mauvaises, ne portent pas toujours des fruits immédiats. Il se peut que nous rencontrions une personne peu vertueuse menant une vie apparemment heureuse, tandis qu’un être plein de bonté nous semble souffrir sans raison apparente. Cela paraît contredire la la loi du karma et vous pourriez en conclure que celui-ci n’existe pas. Pour comprendre le sens de cette loi, il faut l’’examiner et l’évaluer à partir d’un niveau de conscience supérieur. Sinon vous pourriez vous en moquer et l’ignorer en disant : « C’est insensé. » pour s’élever et percevoir le karma à partir d’un niveau de conscience supérieur, il est nécessaire de suivre une pratique spirituelle et d’avoir la foi. La mesure n’est pas l’intellect, mais le cœur.

Si vous avez la foi en quelque chose, vous y croyez ; sinon vous le niez. Mais que vous croyiez ou non au karma, il opère et les fruits mûrissent. N’essayez pas d’analyser pourquoi ni comment, car son cycle est aussi mystérieux que Dieu. Le karma, comme Dieu, est sans commencement, mais il s’achève lorsque nous abandonnons l’ego, lorsque nous atteignons l’état de Réalisation de Dieu en nous.

L’évolution de l’être humain mène à Dieu. En essence, chaque être humain mène à Dieu. L’évolution d’un être humain vers Dieu est un processus lent, qui requiert un gros travail de coupe, de ponçage et de refonte. Ce travail exige une immense patience. Il ne peut être accompli à la hâte.

Les révolutions sont rapides, mais elles tuent et détruisent. L’homme est révolutionnaire, Dieu, évolutionnaire.

Si vous avez les yeux pour le voir, vous percevez le grand pouvoir de transformation inhérent à la loi du karma et le message important qu’elle nous délivre : « cette vie est le résultat de tes actes passés. Sois donc vigilant, car tes actions présentes déterminent ton avenir. Si tu fais le bien, tu seras récompensé en conséquence, mais si tu commets des erreurs ou de mauvaises actions, elles te frapperont en retour avec la même force. » Et pour le vrai chercheur spirituel, le message est le suivant : « Le mieux est de briser le cycle. Ferme les comptes et sois libre à jamais. »

Amma, je t’ai entendu plusieurs fois employer une étonnante formule : « Il faut oublier pour se rappeler Dieu. » Qu’est-ce que cela signifie ?

Dans la vie quotidienne, sans cesse, nous oublions et nous nous souvenons. À chaque instant, nous oublions une chose et nous nous en remémorons une autre. Nous oublions la famille et nous nous rappelons le bureau. Nous oublions notre femme et nous nous souvenons des enfants. Les enfants disparaissent et la femme apparaît. Cela se produit à chaque instant, mais nous n’en avons pas conscience. Il est donc clair que, dans la vie quotidienne, il est nécessaire d’oublier pour se rappeler une chose précise. Il en va de même pour le souvenir de Dieu. Pour se rappeler Dieu, il faut oublier le monde, car quand nous voyons le monde, nous oublions Dieu, à moins que nous ne soyons capables de voir le monde comme Dieu. Le plus grand obstacle au souvenir de Dieu est la pensée, notre habitude de penser et de rêver sans arrêt, d’essayer de comprendre les choses.

Si vous regardez attentivement, vous découvrirez un espace vide entre les pensées. Cet espace vide est étroit, plus fin qu’un cheveu, mais il existe. Si vous parvenez à empêcher les pensées de défiler sans contrôle, comme elles le font maintenant, cet espace s’élargira. Mais cela n’est possible que dans un mental concentré sur une seule pensée. Cette pensée nous l’appelons le souvenir de Dieu. Nous pouvons nommer cette pensée Rama, Christ ou le Bouddha, selon le nom de notre divinité d’élection. Gardez ce nom en mémoire nous permet d’oublier peu à peu les rêves éveillé. Nous abandonnons les autres pensées et ce souvenir devient graduellement constant. Toutes les pensées sont remplacées par une pensées unique : la pensée de Dieu.

Ton enseignement est d’une grande exigence. Malgré mon désir et mes efforts, je ne consacre finalement que peu de temps dans ma vie à penser à Dieu et accomplir des pratiques spirituelles. Comment ne pas être découragée par le fossé entre mes aspirations et la réalité ?

Amma est très heureuse de voir avec quel enthousiasme et quelle sincérité les Occidentaux veulent se consacrer à la vie spirituelle.

Elle ne vous demande pas de ne consacrer votre temps qu’aux pratiques spirituelles. Il y a des gens que cela intéresse, mais la majorité ne veut pas et ne peut pas le faire immédiatement. Ils veulent tout à la fois : vivre dans le monde et en même temps mener une vie spirituelle. Pour eux, le mieux est de contrôler petit à petit, et avec persévérance, les mauvaises habitudes, les unes après les autres.

Dans ce processus, des chutes se produisent plusieurs fois. Qu’elles se produisent ! Après tout, l’échec n’arrive qu’à une personne qui essaie de parvenir au succès. Par conséquent, ne vous tourmentez pas et ne vous agitez pas quand vient l’échec. il surviendra encore souvent. Mais ne perdez pas votre enthousiasme ni votre intérêt. Essayez encore, sans jamais vous lasser. Déclarez une guerre ouverte à votre mental. Il vous poussera et vous tirera vers les mêmes vielles habitudes.

Comprenez qu’il ne s’agit là que d’une ruse du plus grand des malins, le mental, pour vous détourner de votre chemin. N’abandonnez pas la partie. Il arrivera un moment où les conditionnements perdrons toute leur force et laisserons la voie libre au Seigneur pour qu’il vienne et règne. Jusque-là, essayez et continuez d’essayer.

Ne laissez pas les échecs vous empêcher de poursuivre vos pratiques.

Ce monde est créé par le Seigneur pour votre plaisir. Aucun maître spirituel et aucune écriture sacrée n’a jamais dit que l’humanité entière doit abandonner les plaisirs du monde et se consacrer au souvenir constant de Dieu. Personne n’a dit que tout le monde doit quitter sa maison, vivre dans un ashram et devenir moine. Certains peuvent le faire et y sont déterminés. Laissez-les suivre leur chemin. Mais un chemin existe pour ceux qui veulent simplement se rapprocher de Dieu. Cela est possible en préparant lentement le mental, tout en menant une vie normale dans ce monde.

Les erreurs se produisent. N’encombrez pas votre tête en pensant à elles. Souvenez-vous qu’en vous souciant trop d’elles, vous perdez l’énergie et la force mentale nécessaires pour les affronter et les corriger. Ne gaspillez pas votre temps à vous tourmenter. Avancez et poursuivez votre pratique.

Mes enfants, n’oubliez pas que la nourriture existe pour que nous la mangions. Ne laissons pas la nourriture nous manger. Ne laissez pas le monde vous ballotter de-ci de-là au gré des attractions et des répulsions. Ce corps, ce mental et cet intellect sont les instruments que nous devons mettre au service de notre aspiration et de notre volonté. Ayons sur eux un parfait contrôle. Ne leur permettons pas de nous contrôler.

Amma, quels conseils nous donnes-tu pour mener une vie de couple harmonieuse ?

Un effort sincère de votre part est nécessaire. Les paroles irréfléchies, les actions accomplies sans discernement, la colère et l’impatience créeront toujours des problèmes. Pourquoi vous précipiter consciemment dans des difficultés, sachant qu’agir ainsi ne vous apportera que tristesse et souffrance ? En tout cas, pour pouvoir résoudre un problème, soit le mari soit la femme doit faire preuve d’une certaine patience. Quand Amma parle de « patience », elle sous-entend également l’amour et l’indulgence. La patience véritable ne vient que lorsque l’amour et l’indulgence sont présents.

Supposons que vous avez la faiblesse de vous mettre facilement en colère. Vous devriez alors faire la chose suivante : quand vous retrouverez votre calme habituel, allez vous asseoir dans la pièce réservée à la méditation s’il y en a une, ou dans un endroit solitaire, puis repentez-vous de votre colère et priez sincèrement votre divinité d’élection (Krishna, le Bouddha, Jésus, Marie…) de vous aider à la surmonter. Essayez de prendre conscience du résultat néfaste de la colère. Quand vous êtes en colère contre quelqu’un, vous perdez votre équilibre mental. Votre pouvoir de discernement cesse complètement de fonctionner. Vous dites ce qu’il vous passe par la tête et agissez en conséquence. En agissant et en pensant avec colère, vous perdez beaucoup d’énergie positive. Prenez conscience de cette grande vérité : les émotions négatives ne font que paver le chemin de votre destruction. Efforcez-vous sincèrement de les surmonter.

N’est-il pas plus simple de vivre seul ?

Que tu vives seul ou en famille, tu ne connaîtras jamais le bonheur ni le succès, à moins que tu ne développes la faculté mental de t’adapter à la situation. C’est l’un des principes fondamentaux de la vie. Tu peux en conclure que la solution consiste à vivre seul, mais là encore tu auras des problèmes. Tant que te es sous l’emprise des préjugés et des idées préconçues, tu rencontreras des difficultés.

Il m’est de plus en plus difficile de rester positif…

Ne perdez jamais courage, mon enfant. Ne perds jamais ta confiance en Dieu ni en la vie. Reste toujours optimiste, quelque soit la situation dans laquelle tu te trouves. Il est très important d’être optimiste. Le pessimisme est une forme de ténèbres, une forme d’ignorance qui empêche la lumière de Dieu de se répandre dans la vie. Le pessimisme est comme une malédiction illusoire créée par un mental illusoire. La vie est remplie de la lumière de Dieu, mais vous n’en ferez l’expérience qu’en étant optimiste.

Regardez l’optimisme de la nature. Rien ne peut l’arrêter Chaque aspect de la nature apporte infatigablement sa contribution à la vie. La participation d’un petit oiseau, d’un animal, d’un arbre ou d’une fleur est toujours totale. Quelles que soient les difficultés, ils continuent à vivre, de tout leur cœur. Seul les humains sont pessimistes, et cela engendre de la souffrance.

Vous vous demandez comment il est possible de garder son optimisme face aux difficultés et aux chagrins de la vie. C’est difficile, il est vrai ; mais en étant pessimistes, vous allers vers toujours plus de désespoir et de ténèbres. Votre force mentale et votre lucidité faiblissent et dans les ténèbres du pessimisme vous vous sentez abandonnés et seul.

L’optimisme est la lumière de Dieu. C’est une forme de grâce qui vous permet d’être plus réceptifs et d’avoir une vision plus claire de la vie.

Comment se prendre efficacement en main ?

Lorsque quelqu’un tombe malade, il se précipite chez son médecin. Mais se précipite-il dans un centre spirituel lorsque c’est son mental qui est malade ? Non ! L a plupart des gens ne sont guère enclins à y aller. Il se contentent de souffrir. Dieu est prêt à aider, mais personne n’est prêt à recevoir Son aide.

Jadis, lorsque les gens éprouvaient du chagrin, ils s’adonnaient à une pratique spirituelle intense et à des austérités dans le but de se souvenir de Dieu. Ils obtenaient ainsi la force nécessaire pour affronter leurs problèmes.

De nos jours, incapables de faire face aux moments difficiles, les gens ont recours à l’alcool, aux médicaments et aux drogues. Trop faibles pour affronter les difficultés, ils tentent de les fuir. Quelle tristesse ! Ils ne savent pas se qu’ils font.

En voyant toute les injustices et souffrances de ce monde, je ne peux m’empêcher de penser parfois que Dieu est cruel…

Mes enfants, Dieu n’est pas cruel. Il est la compassion même. Se trouve-t-il quelqu’un qui appelle vraiment Dieu ? Personne ne dit : « Ô seigneur, je ne veux que toi. » Mais nous disons : « Ô seigneur, donne-moi ceci, donne moi cela. » Voilà comment nous prions. Nous voulons seulement satisfaire nos désirs. Nous ne prions pas pour qu’il vienne résider dans notre cœur. Lorsque nous méditons nous nous souvenons des choses dont nous avons besoin : nous ne nous souvenons pas de Dieu. Puis nous nous plaignons : « j’ai prié Dieu pendant les soixante dernières années. Il n’a pas même daigné me regarder une seule fois. » Si seulement nous disions cela après nous être souvenus de Lui au moins une minute, alors cette plainte aurait un sens.

Amma vous certifie que Dieu n’inflige pas de souffrance, que Dieu donne la prospérité, la richesse, la beauté, la vitalité et l’amour. Ne dites jamais qu’il est la cause de la souffrance.

Nous ne regardons pas en nous-mêmes. Nous regardons les choses qui nous entourent. Nous ne réfléchissons pas du tout. Nous sommes prêts à tuer ceux qui enseignent les véritables principes de la vie spirituelles. Comment ont-ils tué Jésus ? Comment se sont-ils comportés envers le prophète Nabi ? Ne s’est-il pas trouvé des gens pour jeter des pierres sur Shri Narayana, guru de son vivant. Maintenant, ils leur vouent un culte. Pourtant, ces êtres d’exception n’ont jamais éprouvé le moindre mauvais sentiment envers leurs persécuteurs. Tant d’injustice ne les a pas ébranlés. De tels êtres sont venus au monde pour donner l’exemple.

La rivière poursuit sa course sans montrer la moindre partialité envers qui que ce soit. Nous construisons un barrage et disons : « Regardez comme cette rivière est partiale. Elle ne coule pas dans ce sens. » Si nous avons nous-mêmes détourné le courant de cette rivière, pourquoi l’accusons-nous de ne plus donner de l’eau ?

Nous avons en toute conscience rejeté la Grâce de Dieu et prétendons ensuite qu’Il est injuste. Cela est dû à notre ignorance. Nous ne savons pas observer les choses d’une façon subtile.

Amma, pourquoi dit-on que celui qui cherche le bonheur le manque à coup sûr ?

Parce que la quête du bonheur engendre l’insatisfaction. Le fait de chercher provoque inévitablement de l’agitation. Un mental agité est malheureux. Le bonheur que vous poursuivez est toujours dans le futur, jamais dans le présent. Le présent est à l’intérieur ; le future à l’extérieur.

Dans votre impatience de trouver le bonheur, vous créez l’enfer dans votre mental. Après tout, qu’est-ce que le mental ? C’est l’accumulation de vos tendances négatives, de votre insatisfaction. Le mental est l’ego, et l’ego ne peut pas être heureux. Comment pouvez-vous chercher le bonheur avec un tel mental ? Plus vous cherchez, plus vous êtes malheureux. Le bonheur survient quand le mental et toutes ses pensées égocentriques disparaissent.

Pour être heureux, oubliez votre poursuite du bonheur. Arrêtez de vivre dans le passé ou dans le futur. Cessez de courir après le bonheur et vous constaterez que vous n’êtes plus malheureux. Vous voilà contents, à l’instant même où vous abandonnez votre quête du contentement.

Pour se rappeler Dieu, il faut oublier. Se concentrer réellement sur Dieu, c’est être pleinement et totalement dans le moment présent, oubliant le passé et le futur. Cela seul constitue la véritable prière.

Amma, nous vivons bien souvent en aveugles, agissant sans réfléchir et ensuite nous souffrons. Comment se libérer de ce qui nous entrave pour faire la lumière en nous ?

Les ténèbres sont une prison créée par notre mental et notre ego ; cette prison est notre œuvre et nous nous y sommes enfermés. Ce n’est pas notre foyer, car nous appartenons à la lumière. Nous sommes la lumière de Dieu. Abandonnons donc les ténèbres. Comprenons que nous sommes en prison ; reconnaissons cette prison pour ce qu’elle est et saisissons qu’il ne s’agit pas de notre demeure véritable.

Nous avons construit notre prison et avons forgé nos chaînes. Personne d’autre n’est responsable. Dans notre état mental actuel, bien que nous soyons aveugles et enchaînés par l’ego que nous avons créé, nous nous imaginons être libre et voyant. Nous prenons les ténèbres pour la lumière et les chaînes pour la liberté. Il s’agit de prendre conscience de cette situation.

Nous ne comprenons pas que nous sommes dans les fers, dans un cachot obscur, car nous y demeurons depuis longtemps. Nos chaînes nous semblent des parures et la prison presque un foyer. Ce que nous considérons comme des ornements, la gloire, la puissance et la richesse, sont en vérité les chaînes qui nous lient.

Quel dommage ! Ces choses inertes, stupides et futiles, nous ont enchaînés. Mais en fait ce ne sont pas elles qui ont créé les liens. Au contraire, c’est notre mental qui s’est placé dans cet esclavage. Aucune choses n’a le pouvoir de nous attacher. Les êtres humains, supposés avoir le contrôle, sont maintenant eux-mêmes contrôlés. C’est là la cause de tous nos problèmes.

Quelle est la plus grande leçon que la Terre nous donne ?

Observez la Nature. La Nature est le livre dans lequel nous devons apprendre. Chaque objet est une page de ce livre. Chaque objet nous enseigne quelque chose. Renoncement et désintéressement sont les plus grandes leçons que nous puissions apprendre de la Nature. La Nature se sacrifie pour les humains alors que nous, non content de l’exploiter, nous la détruisons. Malgré tout, la Nature est à notre service. La Terre nous sert ; le soleil, la lune et les étoiles nous servent. Que faisons-nous en retour pour un tel service désintéressé ? Rien, que du mal. Dans ce monde, les choses et les créatures n’ayant pas la faculté de penser sont cependant toutes au service les unes des autres ainsi que de l’homme. Les hommes sont dotés de la faculté de discernement et sont pourtant totalement égotistes. Ils ne remboursent même pas leurs dettes envers la Nature.

Comment trouverons-nous assez de temps ? Nous sommes si occupés dans ce monde…

Vous trouverez plus de temps qu’il n’en faut si vous avez la détermination nécessaire et en éprouvez le désir sincère. Soyez patients. Écoutez cette histoire : il était une fois un homme d’affaires en proie à beaucoup de soucis et d’inquiétudes. Il essaya différentes méthodes pour calmer son mental, mais en vain. Il vit un jour un saint homme assis sous un arbre et décida d’aller lui demander conseil. Il se prosterna devant le maître et dit : « Ô maître révéré, je suis en proie aux soucis. Je n’ai aucune paix intérieur. Je t’en prie, dis-moi ce que je peux faire pour trouver le bonheur. »

Le sage répondit : « essaye de faire quelques pratiques spirituelles matin et soir. »

« Mais comment trouverai-je le temps ? » s’exclama l’homme d’affaire, qui sortit de sa poche un trousseau de clés qu’il fit danser devant le maître. « regarde toutes ces clés, chacune d’entre elles correspond à une multitude de responsabilités qui m’incombe ! S’il te plaît, montre-moi un chemin plus facile. »

Le maître répondit : « d’accord, je vais t’initier à un mentra. Essaye de le répéter quelques fois par jour, c’est tout. »

« Mais je n’ai même pas le loisir de faire cela ! N’y a-t-il pas plus facile ? »

« quelle est la distance entre ton lit et la salle de bain ? » Demanda la grande Âme.

Surpris par cette étrange question, l’homme d’affaire répondit : « Environ douze mètres »

« je suis certain que tu n’as pas d’autre travail à faire pendant que tu parcours cette courte distance. Essaye donc de répéter ton mentra au moins pendant ces quelques secondes chaque matin. » Et il lui donna le mentra.

Le lendemain au réveil, l’homme d’affaires n’oublia pas de chanter le mentra en allant à la salle de bain. Puis, comme il se brossa les dents, il pensa : « je peux aussi répéter le mentra maintenant. »et il s’aperçut qu’il pouvait le faire aussi en prenant sa douche, en s’habillant et en allant travailler. Plusieurs fois au cours de la journée, il vit qu’il pouvait psalmodier au moins quelques fois. Les jours passèrent, et il trouva de plus en plus de temps pour sa pratique, jusqu’à ce qu’il prenne l’habitude de la poursuivre partout, quoi qu’il fasse. Cela provoqua en lui un changement profond. Il trouva la paix intérieur qu’il cherchait et ses affaires s’améliorèrent aussi grandement.

Bien à vous

Patrice

Pour le site : www.energialibera.fr